Prévention · Molécules de synthèse

    Vérifiez une molécule avant d’en consommer

    HHC, THCP, THCA, H4CBD, « Magic Sauce », « PTC »… Tapez le nom écrit sur le produit. On vous dit s’il s’agit d’un cannabinoïde de la plante ou d’une molécule fabriquée en laboratoire, et ce que dit la loi française. Gratuit, sans compte, sources officielles à l’appui.

    Le sigle, la marque, le nom de rue. Peu importe la forme, on vous dit ce que c’est.

    Exemples :

    Pourquoi cette page existe

    Depuis 2022, un marché s’est installé dans l’angle mort du CBD : des molécules fabriquées en laboratoire à partir de CBD légal, vendues comme des « alternatives légales au THC » qui n’impacteraient ni la santé ni le permis de conduire. Les trois promesses sont fausses. Ces molécules sont classées stupéfiants. Personne n’a de recul sur leurs effets. Et pour le permis, le raisonnement se retourne dans les deux sens : les produits vendus comme « THCA » se transforment en THC à la chauffe et déclenchent donc le test salivaire, tandis que les cannabinoïdes de synthèse purs échappent aux tests courants, ce qui n’est pas un avantage, puisque c’est précisément ce qui retarde le diagnostic aux urgences, où il faut une analyse spécialisée pour les identifier.

    La supercherie va plus loin : ces produits empruntent les noms de vrais cannabinoïdes de la plante. Le CBC (cannabichromène) est un cannabinoïde mineur parfaitement naturel et non psychotrope ; le THCA est la forme acide du THC telle qu’elle existe dans la fleur avant chauffe. Emprunter ces noms permet de vendre autre chose en s’abritant derrière une molécule réelle. C’est exactement ce que ce vérificateur sert à démêler.

    Ce que disent les autorités sanitaires françaises

    • Environ 500 signalements d’effets indésirables liés aux cannabinoïdes de synthèse ont été recensés depuis le début de l’année 2025. Plus de 70 % concernent des adolescents de 13 à 18 ans, 71 % des cas sont graves, et deux décès ont été enregistrés. Troubles neurologiques (convulsions, perte de conscience), psychiatriques (hallucinations, idées suicidaires) et cardiovasculaires (tachycardie, douleurs thoraciques). DGS-Urgent du ministère de la Santé, 11 juin 2026.
    • Ces substances « contaminent les produits du chanvre » et se retrouvent dans des circuits de vente légaux (boutiques CBD, bureaux de tabac, distributeurs automatiques), à l’insu des consommateurs. OFDT, Point SINTES n° 11, 11 juin 2026.
    • L’ANSM relevait déjà en 2023 que des consommateurs prenaient du HHC en croyant acheter du CBD, avec un risque d’abus et de dépendance équivalent à celui du cannabis. ANSM, 12 juin 2023.

    Le point que les vendeurs ne mentionnent jamais

    Beaucoup de boutiques jouent sur l’idée qu’une molécule « nouvelle » serait légale tant qu’elle n’a pas été nommée dans un texte. C’était vrai jusqu’en 2024. Ça ne l’est plus : la décision de l’ANSM du 22 mai 2024, applicable au 3 juin 2024, classe toute la famille chimique des dérivés du benzo[c]chromène (le CBN excepté) et non une liste de noms. Autrement dit, un analogue du THC est stupéfiant avant même d’avoir reçu un nom commercial. Changer le sigle sur l’étiquette ne change rien à la loi.

    THC 9, delta-8, delta-10 : pourquoi le chiffre change tout

    C’est une confusion très répandue, et elle est entretenue. Le « THC 9 », écrit aussi delta-9 THC, n’est pas une molécule de laboratoire : c’est le THC de la plante, celui que le cannabis produit naturellement et que la réglementation française plafonne à 0,3 % dans le produit fini. Le chiffre 9 désigne simplement la position d’une double liaison dans la molécule.

    Déplacez cette double liaison et vous obtenez le delta-8 ou le delta-10. Or la plante n’en produit qu’à l’état de traces insignifiantes : les produits vendus sous ces noms sont obtenus par conversion chimique du CBD, un procédé qui laisse des résidus de réactifs et des sous-produits rarement documentés sur l’analyse. Un même « THC », deux histoires industrielles opposées, et un chiffre pour seule différence visible sur l’étiquette. C’est exactement le genre de nuance que ce vérificateur sert à trancher.

    Le référentiel complet, molécule par molécule

    Les cannabinoïdes naturels du chanvre

    Ceux-là existent dans la plante. Ils sont produits par la fleur, pas par un réacteur. Aucun n’est psychotrope.

    CBDCannabidiol
    Le cannabinoïde majoritaire du chanvre bien-être. Non psychotrope. C’est la molécule que la plante produit naturellement, en quantité, sans aucune intervention de laboratoire.Statut légal : Molécule non stupéfiante. Sa commercialisation est autorisée en France dès lors que le produit fini respecte le seuil de 0,3 % de THC et provient de variétés de chanvre autorisées.Fiche encyclopédique
    CBCCannabichromène
    Un phyto-cannabinoïde mineur, réellement présent dans la plante, sans effet psychotrope. Issu comme le CBD et le THC de la transformation du CBGA au fil de la maturation. Attention : son nom est parfois détourné pour vendre des produits qui n’en contiennent pas.Statut légal : Molécule non stupéfiante, présente naturellement dans le chanvre. Le CBC n’appartient pas à la famille des dérivés du benzo[c]chromène classée en 2024.Fiche encyclopédique
    CBGCannabigérol
    La « molécule mère » : la plante produit d’abord du CBGA, qui devient ensuite CBD, CBC ou THC en mûrissant. Non psychotrope, rare dans une fleur mature.Statut légal : Molécule non stupéfiante, autorisée dans les mêmes conditions que le CBD (produit fini ≤ 0,3 % de THC, variétés autorisées).Fiche encyclopédique
    CBNCannabinol
    Apparaît par dégradation naturelle du THC avec le temps, la chaleur et la lumière. Présent à l’état de traces dans une fleur bien conservée. Un taux élevé de CBN annoncé sur une analyse signale une matière oxydée ou traitée, pas un produit frais.Statut légal : Le CBN est le seul dérivé du benzo[c]chromène explicitement EXCLU du classement générique du 3 juin 2024. Il reste donc autorisé.Fiche encyclopédique
    CBDAAcide cannabidiolique
    La forme acide du CBD, telle qu’elle existe dans la fleur avant séchage ou chauffe. Se transforme en CBD par décarboxylation.Statut légal : Molécule non stupéfiante, forme acide naturelle du CBD dans la plante crue.Fiche encyclopédique
    CBDVCannabidivarine
    Cannabinoïde mineur naturel, proche du CBD par sa structure. Non psychotrope.Statut légal : Molécule non stupéfiante, présente naturellement dans certaines variétés de chanvre.Fiche encyclopédique

    Naturels, mais encadrés dès qu’ils sont isolés

    Ils existent réellement dans la plante, en traces. C’est ce qui rend leur nom si commode à détourner : un produit vendu sous ces sigles est un produit concentré, sans rapport avec ce que contient une fleur.

    THCAAcide tétrahydrocannabinolique
    C’est la forme acide du THC dans la plante vivante, avant chauffe. Naturelle, donc : mais c’est précisément ce qui la rend commode à détourner. Chauffée (joint, vapo, four), elle se décarboxyle en THC. Un produit vendu sous l’étiquette « THCA » est donc un produit à THC, avec les conséquences correspondantes sur la conduite et le dépistage.Statut légal : Le THCA figure parmi les dérivés du benzo[c]chromène classés stupéfiants le 3 juin 2024. Sa présence naturelle et résiduelle dans une fleur de chanvre conforme (≤ 0,3 % de THC) relève du cadre du chanvre ; un produit VENDU comme « THCA », donc concentré, est un stupéfiant.
    THCVTétrahydrocannabivarine
    Cannabinoïde présent à l’état de traces dans certaines variétés. Comme pour le THCA, un produit vendu en tant que « THCV » est un produit concentré, sans rapport avec les traces naturelles de la plante.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.
    THCDelta-9-tétrahydrocannabinol
    La molécule psychotrope du cannabis. Naturelle, connue, étudiée depuis des décennies. C’est justement ce recul qui manque totalement à ses imitations de laboratoire.Statut légal : Stupéfiant en France. Le chanvre autorisé doit rester sous le seuil de 0,3 % de THC dans le produit fini.Fiche encyclopédique

    Les molécules de laboratoire dérivées du CBD

    On part de CBD légal, on le transforme chimiquement, et on obtient une molécule qui n’a jamais existé dans la nature. C’est la famille vendue comme « alternative légale au THC » : toutes sont classées stupéfiants en France.

    HHCHexahydrocannabinol
    Fabriqué en laboratoire par hydrogénation du CBD. L’ANSM a relevé un risque d’abus et de dépendance équivalent à celui du cannabis, et des consommateurs qui en prenaient en croyant acheter du CBD.Statut légal : Stupéfiant en France depuis le 13 juin 2023 (décision ANSM du 12/06/2023), confirmé par le classement générique du 3 juin 2024.Fiche encyclopédique
    HHCOAcétate d’hexahydrocannabinol
    Dérivé acétylé du HHC, produit en laboratoire. Interdit en même temps que le HHC.Statut légal : Stupéfiant en France depuis le 13 juin 2023 (décision ANSM du 12/06/2023).Fiche encyclopédique
    HHCPHexahydrocannabiphorol
    Analogue du HHC à chaîne allongée, réputé nettement plus puissant. Aucune donnée clinique publiée sur sa toxicité chez l’humain.Statut légal : Stupéfiant en France depuis le 13 juin 2023 (décision ANSM du 12/06/2023).Fiche encyclopédique
    HHCPOAcétate d’hexahydrocannabiphorol
    Version acétylée du HHCP. Molécule de laboratoire, sans historique d’usage humain.Statut légal : Nommément visé par la décision ANSM du 22/05/2024, applicable au 3 juin 2024.Fiche encyclopédique
    THCPTétrahydrocannabiphorol
    Analogue du THC à chaîne à sept carbones, décrit comme se fixant beaucoup plus fortement aux récepteurs que le THC. Produit par synthèse à partir du CBD.Statut légal : Nommément visé par la décision ANSM du 22/05/2024, applicable au 3 juin 2024.Fiche encyclopédique
    THCOAcétate de tétrahydrocannabinol
    Dérivé acétylé du THC. Sa forme acétate a fait l’objet d’alertes internationales sur le risque pulmonaire en cas de vapotage.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique
    THCBTétrahydrocannabutol
    Homologue du THC à chaîne butyle, obtenu par synthèse. Aucun recul clinique.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique
    THCJDTétrahydrocannabioctyl
    Analogue du THC à chaîne longue vendu comme « plus puissant ». Molécule de laboratoire.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique
    THCHTétrahydrocannabihexol
    Homologue du THC à chaîne hexyle, obtenu par synthèse.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique
    H4CBDTétrahydrocannabidiol
    CBD hydrogéné en laboratoire. Vendu comme « CBD renforcé » alors que l’hydrogénation en change la pharmacologie : ce n’est plus du CBD.Statut légal : Nommément visé par la décision ANSM du 22/05/2024, applicable au 3 juin 2024.Fiche encyclopédique
    H2CBDDihydrocannabidiol
    Autre forme hydrogénée du CBD, produite en laboratoire.Statut légal : Nommément visé par la décision ANSM du 22/05/2024, applicable au 3 juin 2024.Fiche encyclopédique
    10-OH-HHCHydroxy-hexahydrocannabinol
    Molécule apparue sur le marché comme produit de remplacement après l’interdiction du HHC. Dérivé hydroxylé du HHC, donc déjà couvert par le classement générique.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique
    Delta-8 THCDelta-8-tétrahydrocannabinol
    Isomère du THC produit industriellement par conversion chimique du CBD. Le procédé laisse des résidus de réactifs et de sous-produits rarement documentés.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique
    Delta-10 THCDelta-10-tétrahydrocannabinol
    Autre isomère du THC obtenu par conversion chimique du CBD.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique
    PHCHydrox4phc / acétate d’hexahydrocannabinol hydroxylé
    Encore un dérivé du HHC commercialisé comme substitut après les interdictions successives. Même famille chimique, donc même classement.Statut légal : Couvert par le classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, stupéfiants en France depuis le 3 juin 2024 (décision ANSM du 22/05/2024). Le classement vise la famille chimique entière, pas une liste de noms : renommer la molécule ne la rend pas légale.Fiche encyclopédique

    Les cannabinoïdes de synthèse (famille K2 / Spice)

    Aucun lien avec le chanvre. Ce sont des molécules conçues de toutes pièces, souvent pulvérisées sur un végétal inerte ou diluées dans un e-liquide. C’est la catégorie responsable des intoxications graves signalées en France.

    MDMB-4en-PINACA
    Molécule de la famille des cannabinoïdes de synthèse « K2 ». Retrouvée pulvérisée sur des végétaux ou dans des e-liquides vendus comme licites. C’est ce type de substance qui est à l’origine des convulsions, comas et décès signalés en France.Statut légal : Cannabinoïde de synthèse classé stupéfiant. Substance sous surveillance internationale, sans aucun lien botanique avec le chanvre.Fiche encyclopédique
    ADB-BUTINACA
    Cannabinoïde de synthèse de la famille des indazole-carboxamides. Puissance sans commune mesure avec celle du THC, marge entre dose active et dose toxique très étroite.Statut légal : Cannabinoïde de synthèse classé stupéfiant, sous surveillance internationale.Fiche encyclopédique
    BZO-HEXOXIZID
    Cannabinoïde de synthèse explicitement inscrit sur la liste des stupéfiants en 2024.Statut légal : Nommément visé par la décision ANSM du 22/05/2024, applicable au 3 juin 2024.Fiche encyclopédique
    5F-Cumyl-PEGACLONE
    Cannabinoïde de synthèse de laboratoire. Aucun rapport avec le chanvre : la molécule est construite de toutes pièces.Statut légal : Fait partie des huit cannabinoïdes de synthèse nommément inscrits par la décision ANSM du 22/05/2024, applicable au 3 juin 2024.Fiche encyclopédique
    JWH-018
    L’une des premières molécules de la vague « Spice » des années 2000. Historiquement à l’origine des premières intoxications graves attribuées aux cannabinoïdes de synthèse.Statut légal : Cannabinoïde de synthèse classé stupéfiant de longue date.Fiche encyclopédique

    Les noms commerciaux : ni molécules, ni composition

    Un sigle inventé n’est pas un principe actif. Deux sachets portant la même étiquette peuvent contenir deux substances différentes, à deux dosages différents.

    PTC
    Ce n’est pas une molécule, c’est un nom de rue. Le DGS-Urgent du 11 juin 2026 le cite parmi les appellations de produits à cannabinoïdes de synthèse, souvent des e-liquides incolores et inodores, parfois présentés comme du « CBD ».Statut légal : Nom de rue relevé par les autorités sanitaires françaises pour désigner des produits contenant des cannabinoïdes de synthèse.Fiche encyclopédique
    Buddha Blue
    Nom de produit, pas nom de molécule : deux sachets portant la même étiquette peuvent contenir deux substances différentes. C’est ce qui rend le dosage impossible et l’intoxication banale.Statut légal : Nom commercial relevé par les autorités sanitaires françaises pour des produits contenant des cannabinoïdes de synthèse.Fiche encyclopédique
    THX, HPE, HPC, NZT, HEC10, Magic Sauce…
    Sigles inventés pour le marketing. Une molécule réelle a un nom chimique, un numéro CAS et une littérature. Un sigle sans rien de tout cela est une promesse commerciale, pas un principe actif : personne ne peut vous dire ce que vous consommez, y compris celui qui vous le vend.Statut légal : Ces appellations ne correspondent à aucune molécule identifiée dans la littérature scientifique ni dans les décisions de l’ANSM. Aucune composition n’est publiée.Fiche encyclopédique

    Comment reconnaître un produit sain, en trois questions

    1. Qui l’a cultivé ? Une ferme a un nom, une commune, un SIRET, un visage. Une marque qui ne dit pas d’où vient sa matière ne le dit jamais par hasard.
    2. Où est l’analyse du lot ?Datée, avec le profil complet des cannabinoïdes et la recherche de contaminants. Pas une analyse « de la variété », celle du lot que vous achetez. Apprendre à lire une analyse.
    3. Le nom du produit est-il une molécule ? CBD, CBG, CBC, CBN : ce sont des molécules, avec une littérature scientifique. « THX », « NZT », « Magic Sauce » : ce sont des marques, et rien d’autre.

    Vous en consommez et vous voulez arrêter

    Nous ne publierons pas de protocole de sevrage, et nous vous déconseillons de suivre ceux qui circulent sur les réseaux sociaux : sur des molécules dont la pharmacocinétique n’est pas publiée, personne ne peut sérieusement doser une décroissance. Ce qui est documenté, en revanche, c’est qu’un arrêt brutal peut être difficile et qu’un accompagnement change tout.

    Drogues Info Service : 0 800 23 13 13, anonyme, gratuit, 8h-2h, 7j/7. Votre médecin traitant peut aussi vous orienter vers une consultation d’addictologie (CSAPA), gratuite et confidentielle. En cas de malaise, de convulsion ou de douleur thoracique : 15 (ou 112).

    Questions fréquentes

    Le CBC est-il une molécule de synthèse ?
    Non. Le CBC (cannabichromène) est un phyto-cannabinoïde mineur réellement présent dans le chanvre, sans effet psychotrope. Il est issu, comme le CBD et le THC, de la transformation du CBGA au fil de la maturation de la plante. Son nom est en revanche utilisé sur des produits qui n’en contiennent pas ou peu : la seule preuve valable reste l’analyse de laboratoire du lot.
    Le HHC est-il légal en France ?
    Non. Le HHC, le HHCO et le HHCP sont classés stupéfiants depuis le 13 juin 2023 par décision de l’ANSM. Le classement générique du 3 juin 2024 a étendu l’interdiction à toute la famille des dérivés du benzo[c]chromène, le CBN excepté.
    Pourquoi les vendeurs parlent-ils d’« alternative légale au THC » ?
    Parce que c’était l’argument commercial avant les classements de 2023 et 2024. Il est aujourd’hui faux : ces molécules sont classées stupéfiants en France, y compris celles qui n’ont pas encore de nom, puisque le classement du 3 juin 2024 vise toute la famille chimique des dérivés du benzo[c]chromène. Sur le permis de conduire, la promesse est trompeuse dans les deux sens : un produit vendu comme « THCA » devient du THC à la chauffe et déclenche le test salivaire ; un cannabinoïde de synthèse pur y échappe, mais échappe aussi au dépistage hospitalier standard, ce qui complique la prise en charge en cas d’intoxication.
    Le THCA est-il naturel ?
    Oui, le THCA est la forme acide du THC dans la plante vivante, avant chauffe. Mais chauffé, il se décarboxyle en THC. Un produit vendu sous l’étiquette « THCA » est donc un produit à THC concentré, avec toutes les conséquences correspondantes sur la conduite et le dépistage. Le THCA figure parmi les substances classées par l’ANSM le 3 juin 2024.
    C’est quoi le THC 9 (delta-9) ? Est-ce une molécule de synthèse ?
    Non. Le THC 9, ou delta-9 THC, est le THC naturel de la plante : le chiffre désigne la position d’une double liaison dans la molécule. C’est lui que la réglementation française plafonne à 0,3 % dans le produit fini. À ne pas confondre avec le delta-8 et le delta-10, qui portent le même nom de famille mais sont obtenus par conversion chimique du CBD en laboratoire, et sont couverts par le classement stupéfiant du 3 juin 2024.
    Le CBG est-il concerné par ces classements ?
    Non. Le CBG (cannabigérol) est un cannabinoïde naturel non stupéfiant, au même titre que le CBD et le CBC. Il n’appartient pas à la famille des dérivés du benzo[c]chromène visée par la décision du 3 juin 2024. En revanche, comme pour le CBC, son nom est parfois utilisé sur des produits dont la composition réelle n’est attestée par aucune analyse.
    Comment savoir ce que contient vraiment un produit ?
    Par l’analyse de laboratoire du lot, datée, avec le profil complet des cannabinoïdes et la recherche de contaminants. Aucune autre preuve n’a de valeur : ni l’étiquette, ni le nom de la variété, ni la parole du vendeur. Si le vendeur ne peut pas produire cette analyse, la question est déjà tranchée.
    J’en consomme et je veux arrêter, que faire ?
    Ne suivez pas les protocoles de sevrage qui circulent sur les réseaux sociaux, et n’arrêtez pas seul du jour au lendemain. Appelez Drogues Info Service au 0 800 23 13 13 (anonyme, gratuit, 8h-2h) ou parlez-en à votre médecin, qui pourra vous orienter vers une consultation d’addictologie. En cas de malaise, de convulsion ou de douleur thoracique, appelez le 15.

    Sources

    • L’ANSM classe l’hexahydrocannabinol (HHC) et deux de ses dérivés sur la liste des stupéfiants (ANSM, juin 2023)
    • L’ANSM inscrit de nouveaux cannabinoïdes sur la liste des stupéfiants (classement générique des dérivés du benzo[c]chromène, CBN excepté) (ANSM, juin 2024)
    • Décision du 22/05/2024 portant modification de la liste des substances classées comme stupéfiants (ANSM, mai 2024)
    • DGS-Urgent : cannabinoïdes de synthèse chez les jeunes (environ 500 signalements depuis début 2025, plus de 70 % chez des 13-18 ans, 2 décès) (Ministère de la Santé (DGS-Urgent), via Vidal, juin 2026)
    • Point SINTES n° 11 : les cannabinoïdes de synthèse contaminent les produits du chanvre vendus en CBD shops, bureaux de tabac et distributeurs, à l’insu des consommateurs (OFDT, juin 2026)
    • Cannabinoïdes de synthèse : fiche drogue (EUDA (Agence de l’Union européenne sur les drogues), janvier 2025)
    • Le dico des drogues : cannabinoïdes de synthèse (Drogues Info Service, janvier 2025)

    La meilleure protection contre une molécule inconnue, c’est de savoir qui a cultivé votre fleur.

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